Les huiles essentielles à ne pas diffuser

Alors que l’aromathérapie est très à la mode, il est important de se rappeler que les huiles essentielles sont des produits concentrés et puissants!

La diffusion d’huiles essentielles est un outil extraordinaire pour purifier l’air d’une pièce, désencombrer les voies respiratoires en cas d’infection, encourager la détente, tonifier le système nerveux, ou simplement pour créer une ambiance agréable et chaleureuse.

Comme les huiles essentielles sont de véritables substances thérapeutiques et non des parfums d’ambiance,  il faut savoir quelles huiles essentielles peuvent être nocives en diffusion.

Ne pas utiliser en diffusion…:

La cannelle (Cinnamomum vera, Cinnamomum zeylanicum, Cinnamomum cassia): Riche en cinnamaldéhyde, la cannelle, une fois diffusée, peut être très irritante pour les voies respiratoires, sans compter que plusieurs personnes y sont allergiques à différents degrés. Pour éviter un concert de toux, on peut la diffuser une fois diluée à un maximum de 5% avec d’autres huiles essentielles plus douces, comme l’orange, par exemple. Il faut toutefois se rappeler que la cannelle, même en très petite quantité, va dominer toutes les autres odeurs.

Le clou de girofle (Syzygium aromaticum): Bien qu’il contient de l’eugénol, un phénol beaucoup moins irritant que le carvacrol de l’origan ou le thymol du thym, le clou de girofle peut être très irritant en diffusion, comme son amie la cannelle. Il vaut mieux le diluer à un maximum de 5% avec d’autres huiles essentielles.

La menthe poivrée (Menta piperita), la menthe verte (Menta spicata) et la menthe des champs (menta arvensis): L’utilisation des feuilles de menthe est sans danger et pourrait nous laisser croire que son huile essentielle est tout aussi inoffensive! Mais attention! Les huiles essentielles de menthes sont des composés riches en cétones, une famille de molécules neurotoxiques (toxiques pour le système nerveux) et abortives. En diffusion, elles doivent être diluée avec d’autres huiles essentielles à un maximum de 15%, et diffusée sur une durée limitée.

La gaulthérie fragrantissime ou couchée, aussi appelée thé des bois (Gaulteria frangrantissima ou Gaulteria procumbens): Très irritante, elle est déconseillée en diffusion. Elle peut s’avérer neurotoxique à haute dose.

Les huiles essentielles riches en phénols: l’origan d’Espagne (Corydothymus capitatus), l’origan sauvage (Origanum compactum), le thym à thymol (Thymus vulgaris CT thymoliferum), le thym rouge (Thymus zygis), la sarriette des montagnes (Satureja montana): Ces huiles essentielles sont très irritantes pour les muqueuses, autant pour la peau si on les applique directement que pour les voies respiratoires en diffusion pure.

Pour les infections respiratoires, il vaut mieux utiliser le ravintsara (Cinnamomum camphora CT cineoliferum) qui est plus doux, ou diluer les huiles essentielles à phénols à un maximum de 5% avec d’autres huiles essentielles non-irritantes et les diffuser durant une quinzaine de minutes seulement.

La muscade (Myristica fragrans): L’huile essentielle de muscade est à la fois neurotoxique, hépatotoxique (toxique pour le foie) et stupéfiante à forte dose. Son emploi devrait être réservé aux professionnels.

Les huiles essentielles riches en camphre: camphrier blanc (Cinnamomum camphora formosanum), romarin à camphre (Rosmarinus officinalis L. camphoriferum), lavande papillon (Lavandula stoechas), lavande aspic (Lavandula spicata) et la tanaisie annuelle (Tanacetum annuum): Le camphre (aussi appelé bornéone) est une cétone monoterpénique neurotoxique. On évite donc de les utiliser en diffusion et on les emploie avec prudence. 

Les autres huiles essentielles riches en cétones, dont la sauge officinale (Salvia officinalis), l’hysope couchée (Hysopus officinalis), le cèdre du Canada (Thuja occidentalis) et le cèdre de l’Atlas (Cedrus atlantica), le fenouil (Foeniculum vulgare), l’aneth (Anethum graveolens) et le carvi (Carum carvi) sont à éviter en diffusion

L’eucalyptus globulus aussi contient des cétones en petite quantité, on évite alors de le diffuser en présence d’un enfant. L’eucalyptus radié (Eucalyptus radiata) est beaucoup plus sécuritaire.

Les mélanges ou parfums contenant de l’alcool: L’alcool en diffusion peut s’avérer très toxique! On doit éviter d’en diffuser et on s’assure que tout l’alcool qu’on a utilisé pour nettoyer son diffuseur soit évaporé avant de le mettre en marche.

 

Kelly Sikkema

Quelques précautions supplémentaires:

Les bébés et enfants: La diffusion d’huiles essentielles doit se faire sans que l’enfant ne soit dans la pièce. Les enfants de moins de 7 ans ne devraient pas être en contact avec les huiles essentielles riches en cétones.

Les personnes enceintes ou qui allaitent: Même si l’inhalation d’huiles essentielles est moins risquée que l’ingestion, on évite les huiles essentielles présentant une toxicité. Les huiles essentielles contenant des cétones sont à proscrire car elles peuvent être abortives! En cas de doute, demandez conseil à unE naturopathe diplôméE ou unE aromathérapeute.

Les animaux domestiques: L’animal doit avoir la capacité de sortir de la pièce si l’odeur l’incommode, alors on évite de diffuser dans une pièce fermée si l’animal est présent. On doit aussi faire attention aux animaux qui ne peuvent pas se déplacer, comme un oiseau en cage par exemple. Dans le doute, il vaut mieux s’abstenir!

Les personnes souffrant d’asthme: Il faut savoir que les enfants et les adultes asthmatiques peuvent réagir négativement à n’importe quelle huile essentielle en diffusion, aussi douce soit-elle! Il faut rester vigilant aux symptômes, cesser la diffusion et aérer la pièce en cas de réaction négative. La marjolaine à coquilles (Origanum majorana) est à proscrire absolument car elle peut s’avérer bronchoconstrictrice (resserre les bronches). Il faut aussi être particulièrement prudents avec les huiles essentielles contenant du 1,8 cinéole: certaines personnes asthmatiques peuvent réagir négativement, même si d’autres peuvent voir leur état s’améliorer grâce à ces huiles essentielles. On peut consulter une liste des huiles essentielles qui en contiennent sur le site La compagnie des Sens.

Les personnes souffrant d’épilepsie: Il est impératif de connaître la composition chimique des huiles essentielles avant de les diffuser (ou de les utiliser de quelque façon que ce soit) chez une personne souffrant d’épilepsie ou qui est sujette aux crises de convulsions. Les huiles essentielles contenant des cétones doivent absolument être évitées. Danielle Festy en parlait sur son site.

Katherine Hanlon

Quelles huiles essentielles sont sécuritaires en diffusion?

Comme il peut être difficile de s’y retrouver, j’inclus une liste (non-exhaustive) d’huiles essentielles sécuritaires en diffusion.

Outre l’utilisation chez les personnes à risque (personnes très âgées, malades, les bébés et les enfants, les femmes enceintes ou allaitantes, les personnes asthmatiques ou épileptiques, les personnes présentant des allergies), certaines huiles essentielles peuvent être diffusées sans danger avec des adultes en bonne santé:

 Les zestes d’agrumes: citron (Citrus limonum), orange (Citrus sinensis), pamplemousse (Citrus paradisi, qui porte très bien son nom!), yuzu (Citrus ichangensis x C reticulata), mandarine (Citrus reticulata), bergamote (Citrus bergamia)
 Les feuilles d’agrumes: petitgrain bigaradier (Citrus aurantium var. amara), petitgrain mandarinier (Citrus reticulata)
 Le néroli (Citrus aurantium fleur)
♥ La lavande vraie (Lavandula vera) ou la lavande fine (Lavandula angustifolia)
♥ La plupart des conifères: sapin baumier (Abies balsamea), épinette noire (Picea mariana), épinette blanche (Picea glauca), pruche (Tsuga canadensis), on évite le cèdre de l’Atlas (Cedrus atlantica) et le cèdre du Canada ou thuja (Thuja occidentalis L.)

♥ Le laurier noble (Laurus nobilis)
♥ Le niaouli (Melaleuca quinquenervia cineolifera)
♥ La litsée citronnée (Litsea cubeba)
♥ La verveine odorante (Lippia citriodora)
♥ La verveine des Indes ou “lemongrass” (Cymbopogon flexuosus)
♥ La citronnelle (Cymbopogon winterianus)
♥ Le ravintsara (Cinnamomum camphora cineoliferum)
♥ Le romarin à cinéole (Rosmarinus officinalis L. cineoliferum)
♥ Le palmarosa (Cymbopogon martinii var. motia)
♥ L’ylang ylang (Cananga odorata)
♥ Le géranium bourbon (Pelargonium graveolens var. bourbon) et le géranium rosat (Pelargonium asperum)
♥ Le bois de santal (Santalum album)
♥ L’eucalyptus radié (eucalyptus radiata) et l’eucalyptus globuleux (eucalyptus globulus) mais PAS l’eucalyptus à cryptone (Eucalyptus polybractea) NI l’eucalyptus mentholé (Eucalyptus dives)
♥ L’eucalyptus citronné (Corymbia citriodora)
♥ La camomille allemande (Matricaria recutita) et la camomille romaine (Chamamelum nobile)
♥ Le katrafay (Cedrelopsis grevei)
♥ Le thé du Labrador (Rhododendron groenlandicum)
♥ La marjolaine à coquilles (Origanum majorana), la marjolaine à thujanol (Oreganum majorana CT thujanoliferum) et la marjolaine sylvestre (thymus mastichina)
♥ La mélisse (Melissa officinalis), mais tu dois vider tes REER pour acheter une bouteille!
♥ Le basilic sacré (Ocimum sanctum)
♥ Le bois de rose (Aniba rosaeodora var. amazonica) et le bois de Hô (Cinnamomum camphora CT linalol), mais rappelons-nous que le bois de rose a été surexploité et est en danger d’extinction, on en parle ici sur le site de Pranarom!
♥ Le thym à linalol (Thymus vulgaris linaloliferum) et le thym à thujanol (Thymus vulgaris thujanoliferum)

Note: Les noms latins sont (compliqués mais) d’une importance capitale en aromathérapie! Le nom vernaculaire n’est pas suffisant pour différencier les espèces et peut porter à confusion. Un exemple parmi tant d’autres, la sauge officinale (Salvia officinalis) est riche en cétones (neurotoxiques et abortives) alors que la sauge sclarée (Salvia sclarea) est inoffensive. Une nuance qui passerait joyeusement dans le beurre si on l’appelle seulement sauge!

Soyez prudents et référez-vous à unE professionnelLE en cas de besoin! (Moi, par exemple!)


Modifications:

31-05-19: Ajout du paragraphe sur les cétones.
Ajout du paragraphe sur les noms latins.
Distinction entre l’eucalyptus globulus et radiata.

18-05-19: Correction d’une erreur dans le nom latin du romarin à camphre.


Sources:

Aroma-zone
Passeport Santé
La Compagnie des Sens
Danièle Festy
Formations d’aromathérapie de Nathalie Menga, Institut d’Enseignement en Sciences Naturopathiques
Formation d’aromathérapie de Dominique Baudoux, Collège International d’Aromathérapie

Crédits photo: 
Diffuseur: Drew L
Bouteilles: Kelly Sikkema
Mortier: Katherine Hanlon

4 thoughts on “Les huiles essentielles à ne pas diffuser”

  1. Bonjour

    Je réagis à une erreur rencontrée à la lecture de cet article au sujet du romarin En effet, on lit “romarin à camphre cinnamomum camphora CT camphoriferum” alors qu’on devrait trouver “romarin à camphre (ou camphré) Rosmarinus officinalis L. camphoriferum.

    “Cinnamomum” est le nom botanique du cannelier…

    Autre remarque, tant qu’on y est, le nom de la plante en latin botanique (le premier) prend une majuscule (les suivants n’en prennent pas, s’agissant adjectifs ou de précisons sur la plante, à part le nom du découvreur de la plante bien sûr)

    Bien à vous

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    1. La liste des huiles essentielles sécuritaires en diffusion vaut aussi pour les chats, mais il est préférable de diffuser en petites quantités et sur des courtes durées, par exemple 3 gouttes dans un diffuseur plutôt que 10, et diffuser 15 minutes au lieu d’une heure.
      Le chat ne doit pas avoir de problème respiratoire et doit pouvoir quitter la pièce si jamais l’odeur l’incommode. Il faut se rappeler qu’ils ont l’odorat plus sensible que celui des humains!

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