Photo par Dan Counsell

Dites adieu au SPM grâce aux graines oléagineuses

 

Par Natacha Rouette, naturopathe diplômée

Le syndrôme prémenstruel: un cauchemar pour plusieurs femmes, et une source de blagues douteuses pour les autres! Il est normal pour une femme d’expérimenter un léger inconfort et quelques sautes d’humeur à l’approche des règles. Il l’est moins de vivre avec des crampes douloureuses, des crises de larmes ou de colère, des nausées, vomissements et autres manifestations physiques ou psychoémotives fort déplaisantes!

75% des femmes affirment subir certains symptômes de SPM, et 20% à 30% des femmes disent souffrir de symptômes assez sévères pour affecter leurs activités. Les douleurs et les malaises des femmes sont souvent normalisés ou banalisés, ou considérés comme une fatalité.

Le SPM n’est pas “normal”, il n’est pas incurable et ne devrait pas être enduré comme une malédiction mensuelle!

Les médecins prescrivent habituellement des contraceptifs hormonaux ou des antidépresseurs aux femmes atteintes de SPM, des médicaments qui ne sont pas dépourvus d’effets secondaires… Si je vous disais qu’on peut équilibrer son cycle hormonal de manière naturelle, sans risques en suivant un protocole simple et peu coûteux?

D’abord, un peu de physiologie (très très très brièvement résumé!)

Le cycle menstruel est composé de deux phases de durée plus ou moins égales: la phase folliculaire qui débute le premier jours des règles, et la phase lutéale qui débute à l’ovulation. Les oestrogènes (l’estriol, l’estradiol et l’estrone) produits par les ovaires augmentent en flèche pour déclencher l’ovulation, qui, à son tour, déclenche la production de progestérone.

Pour faire encore plus bref: la première phase du cycle est caractérisée par une montée d’oestrogènes, et la deuxième par une montée de progestérone. La stabilité de l’humeur et le bien-être physique des femmes lors de ces fluctuations repose sur un équilibre entre ces hormones.

L’hyperoestrogénie

Fort malheureusement, les oestrogènes sont souvent anormalement élevés, on parle de dominance oestrogénique ou d’hyperoestrogénie. Il existe aussi l’hyperoestrogénie relative où les oestrogènes sont présents en quantité normale mais sont surnuméraires par rapport à la progestérone qui est trop basse.

L’hyperoestrogénie peut être causée par une carence en protéines ou autres nutriments, une fonction hépatique ou intestinale inadéquate, l’exposition à des xénoestrogènes (des substances dans l’environnement agissant comme perturbateurs endocriniens, très présents dans les plastiques et les cosmétiques) ou le stress chronique.

Un soutien hormonal par la rotation des graines

En 2011, je suis tombée par hasard sur un protocole alimentaire qui sert à équilibrer la production d’oestrogènes et de progestérone. Une blogueuse partageait le conseil que lui avait donné sa naturopathe, un protocole nommé “seed cycling“: de consommer certaines graines, fraîchement moulues, selon le cycle menstruel. Bien que cette technique soit utilisée par de nombreux naturopathes, herboristes et autres praticiens holistiques et que ceux-ci peuvent témoigner de manière anecdotique de son efficacité, il n’existe malheureusement pas (encore) d’études scientifiques sur ses effets.

Comment faire?

Quatre variétés de graines sont utilisées:

Les graines de lin: riches en lignanes, une sorte de phytoestrogène (molécule végétale semblable en configuration aux oestrogènes humaines, mais ayant une action hormonale très faible, voir nulle), elles servent à limiter l’action des oestrogènes surnuméraires. Les graines de lin contiennent aussi des acides gras omega 3 qui veillent à l’intégrité des membranes cellulaires et leur réceptivité aux signaux hormonaux.

Les graines de citrouilles: une importante source de zinc, elles soutiennent une production optimale d’oestrogènes et de progestérone.

Les graines de sésame: elles contiennent aussi du zinc qui contribue à soutenir la synthèse hormonale, et des lignanes qui tamponnent l’excès d’oestrogènes.

Les graines de tournesol: la vitamine E assure la production de progestérone, et le sélénium soutient la détoxification hépatique, nécessaire pour éliminer les surplus d’hormones.


Jour 1 à 13:
 1 cuillère à soupe (15 mL) de graines de lin fraîchement moulues
1 cuillère à soupe de graines de citrouille

Jour 14 à 28:
1 cuillère à soupe de graines de sésame
1 cuillère à soupe de graines de tournesol

Le protocole commence donc le premier jour des règles, et on passe à la phase 2 lors de l’ovulation.

Les graines de lin doivent être moulues pour pouvoir en tirer tous les bénéfices, sinon elles passent à travers notre tube digestif intactes! Je recommande de les moudre avec un moulin à café (environ 15$) et de les moudre par petits coups pour éviter qu’elles ne se réchauffent et détruisent les fragiles acides gras.

Les autres graines n’ont pas besoin d’être moulues, mais je peux affirmer par expérience que de faire une poudre avec les graines est une bonne façon de les intégrer de manière inaperçue dans les repas. On peut les saupoudrer sur une salade, des céréales, du gruau ou les mélanger dans un smoothie, une compote de fruits, un pouding, etc.

Points à respecter pour des résultats optimaux:
– Utiliser des graines crues et d’origine biologique
– Moudre les graines juste avant de les consommer
– Ne pas les faire chauffer, ou très peu
– Conserver les graines au réfrigérateur dans un bocal fermé

Ce protocole peut aussi être utile pour les femmes souffrant de règles abondantes ou hémorragiques, de syndrôme des ovaires polykystiques, de cycles irréguliers et lors de la périménopause.

Il faut pratiquer le protocole pendant 3 mois avant de voir des résultats définitifs, mais des changements apparaissent souvent après 1 mois seulement.

Bonne chance!!!!

Sources

Hormones balance.com, How to use seed rotation to rebalance your menstrual cycle

The Herbal Academy.com, Seed Cycling for Hormone Balance

 

Crédit photo:

Granola, yogourt et bleuets: Dan Counsell @dancounsell

4 thoughts on “Dites adieu au SPM grâce aux graines oléagineuses”

  1. Bonjour,
    Que recommanderiez-vous comme « protocole » pour une personne au cycle super irrégulier, qui saute parfois même un cycle d’ovulation? Est-ce qu’on devrait tout de même respecter les jours 1 à 13, puis 14 à 28?
    Merci! 🙂

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    1. Bonjour Marie, effectivement vous devriez faire un 28 jours, (1 à 13 et 14 à 28) comme si votre cycle était normal.
      Bien entendu, je vous suggère aussi de consulter votre naturopathe favori pour aider à rétablir votre cycle, car il y a toujours plusieurs facteurs en jeu. Bonne chance!

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